Il nous restera ça (album CD)

Publié le par Fabrice D

Critique de l'album de Grand Corps Malade

Critique de l'album de Grand Corps Malade

«On est de passage, les mots, la poésie, il nous restera ça.» Lino Il s'agit d'un album de Grand Corps Malade qui a réuni onze artistes. Chacun a écrit un texte dont la seule contrainte était d'intégrer la phrase «il nous restera ça». C'est un véritable CD de poésie. Malgré que la majorité des poèmes aient pour vocation d'être dits, la poésie n'est cependant généralement éditée que sous le format papier. Le slam, le spoken-word ou le rap sont donc de très bonnes initiatives. Ils rendent à cet art sa vocation première tout en le popularisant auprès du grand public. En tant que membre d'une association défendant la poésie contemporaine, je me dois d'encourager ces projets. Trois des textes de l'album mettent en avant l'écriture (dans une mise en abîme).

  • Ecrire de Charles Aznavour

  • Cinéma pour aveugles de Lino

  • Ils nous restera ça de Grand Corps Malade

En tant qu'écrivains amateurs ces textes vous toucheront. «Souffrir, maudire Réduire l'art à sa volonté brûlante d'énergie Donner aux sujets morts comme un semblant de vie Et lâchant ses démons sur la page engourdie Écrire, Écrire Écrire comme on parle et on crie» Aznavour

Rendez vous compte de l’hétérogénéité! L'album regroupe Renaud, Ben Mazué et Hubert Félix Thiéfaine! L'album regroupe entre autre: un rap de (Lino car le rap peut aussi être poétique), un très beau conte philosophique (du québécois Fred Pellerin), un slam d'un écrivain (Erik Orssenna) des textes de deux chanteuses (Luciole et Jeanne Chérhal), d'un acteur (Richard Bohringer) etc … En fonction de leurs univers très variés tous les textes ne vous toucheront peut être pas. Peut être aimerez-vous la Résiliation de Ben Mazuet qui résulte de la fin d'une idylle? Ou celui d'Hubert-Félix Thiéfaine, et sa tournure éminemment plus astrale? Le temps des tachyons fait le constat un brin obscur d’une humanité éperdue en quête de jours plus lumineux, sur fond des théories d’Einstein.

Se dégage donc de cet album une émotion multicolore. La cohérence de l’ensemble est assurée par les compositions de Babx et Angelo Foley. Entre acoustique sur les premiers titres avec les présences de pianos, violons, altos et violoncelles et une direction électronique par la suite, l’impulsion générale est de mettre du rythme. La poésie est donc sublimée par une musique envoûtante et rythmée, qui rend palpable toutes ces destinées. Fabrice D

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