Donnez-moi des nouvelles du monde

Publié le par Jean-Pierre Mercier

(Édito de la lettre des poètes en Berry)

Le monde va mal, c’est la crise, des hommes et des femmes désespérés abandonnent leur pays, les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent, mais au coin des rues fleurissent les premières jonquilles et un peu partout dans notre beau pays les rimes des poètes se font entendre…

Oui, le monde va comme il a toujours été, mais je suis toujours heureusement surpris que des voix porteuses d’espérance perturbent ce concert de mauvaises nouvelles.
Comment ne pas céder à la sinistrose ambiante ? Il ne suffit pas de lire les poètes, même s’ils nous aident à regarder la vie avec la volonté de croire en des jours meilleurs. Ne soyons pas tristes quand le ciel est gris, le soleil reviendra bientôt, ne le soyons pas davantage quand le ciel est bleu sous prétexte qu’après le soleil viendra la pluie…

En attendant des jours meilleurs…

Regardons autour de nous, entendons ces voix discrètes, observons ces personnes anonymes qui travaillent dans l’ombre pour le bonheur du plus grand nombre… Je sais... mais je n’ai pas envie d’évoquer ces signes de fin de civilisation, le sort de ces migrants qui sèment le désordre jusqu’à la terreur, tous ces fous qui veulent nous monter les uns contre les autres, souvent animés par une haine profonde. Oui, je sais tout cela. Le poète est sans doute un être naïf mais pas aveugle ; il sait aussi écouter ce qui l’entoure. en témoin de son temps, comme le peintre, le musicien ou tout autre artiste.

Cette fin d’hiver est d’une infinie tristesse : temps pluvieux, vent désagréable, un ciel si bas que je marche en baissant la tête… Mais je sais que demain, j’apercevrai le long de mes chemins de promenade les pâquerettes annonciatrices du printemps nouveau.
Pour trouver matière à cet éditorial, j’ai tapé sur Google, « bonnes nouvelles du jour »… hé bien j’ai des pages de réponses… oui, mais uniquement des promotions commerciales ! Je suis déçu, j’aurais voulu lire la naissance d’un enfant, la guérison d’un ami, la parution d’un nouveau recueil de poèmes ; au fait, avez-vous acheté le mien (*) ?... Pas encore ? … ce n’est pas une bonne nouvelle… pour moi ! Il pleut encore, j’ai l’impression que cette pluie ne s’interrompra jamais. Tout cela vous paraît bien mièvre au regard de ce qui se passe dans le monde… oui, vous avez raison, mais à l’approche de ce printemps, j’ai besoin d’espérer et de croire en des jours meilleurs. Pas vous ?
JPM

(*) ou celui de Daniel Perruchon et de Mihaly qui viennent de publier un nouveau recueil

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