Nimrod poète du mois d'avril

Publié le par Fabrice D

Nimrod: poète, romancier et essayiste de langue française

Nimrod: poète, romancier et essayiste de langue française

Ce prénom biblique, Nimrod, il le doit à un père pasteur.  Il est né au Tchad, véritable Babel moderne, avec sa myriade de langues parlées (plus de mille) dans la région de Kim. Il y vécut une enfance heureuse.  La guerre civile le chassa définitivement de ce véritable Eden. Sa jeunesse, ses parents, le Tchad, ... hantent énormément  son écriture.

Mes yeux n’ont pas mûri, non plus ma peine
Je suis l’enfant dont le regard a séché
au bord du chemin , comme les blés

Il fuit la misère du Tchad, puis de l'Afrique. Il finit par arriver en France. Là, il y étudie de longues années la philosophie. Mais il en paie le prix,il restera toujours un peu amer vis à vis de cette vie d'étudiant.  Exilé, il est en effet privé de ses enfants et il se séparera avec sa première femme. Etant impossible d'écrire au Tchad, il se sent  cependant obliger de rester. D'ailleurs il enseigne toujours à Amiens. De plus la philosophie n'apportera pas grand chose à la poésie de Nimrod.  En effet,le poète selon lui se doit de privilégier avant tout la "fraîcheur".

Sur les portes de Babel, j’ai gravé ma faim. Le poème
Est un enfant qui rêve ; c’est la grâce nourrie au lait.

Nimrod  se réfère au roi de Shinar bâtisseur de la tour de Babel. L'étymologie du nom en hébreu signifie "celui qui se rebelle".

Le poète était à ses débuts un grand révolté, plein de colère et de tristesse. Ses mots cognaient drus dans ses premiers recueils (Cris notamment ). Des critiques ont reproché à sa plume de s'être ces derniers temps trop adoucie . Allégée de sa douleur, elle ne combattrait plus efficacement l'injustice.Il est fatigué de dépeindre les malheur de l'Afrique. Il ne veut pas en écrivain noir produire une littérature exotique et folklorique pour blanc. Les excités et les redresseurs de torts se trouveront donc un nouveau chantre.

Un poète, on oublie trop souvent de le noter, dit toujours non.

La voie que j'ai choisie n'est ni l'expression de la douleur ni le cri d'une révolte dont nul ne viendra à bout. Je veux que mon chant devienne la substance d'un accord éperdu. C'est à ce prix que je pourrai saper le commerce de mes bourreaux.

Il sait bien-sûr que le poète doit parfois s'engager. Il le rappelle d'ailleurs avec son dernier roman sur l'apartheid  "L'enfant n'est pas mort " . Le titre se réfère au poignant poème d'Ingrid Jonker sur le meurtre d'un bébé noir par la police. La poésie se révèle  donc parfois comme une arme politique efficace. (Elle a d'ailleurs aidé Mandela en prison).

Pour lui, cependant,il vaut mieux désormais écrire apaisé. Il aime à rappeler que son mentor, Senghor se réveillait souvent à l'aurore mal dans sa peau. Il lui fallait alors de longues heures de gymnastique  matinale pour pouvoir véritablement démarrer son travail d'écrivain et d'homme d'état.

Nimrod, par son écriture, est donc aussi en quête d'une harmonie. Il érige avec ses poèmes sa propre Babel, une poésie  qui devient  au fil des ans de plus en plus aérienne et épurée, progressant peu à peu vers la douceur perdue de l'enfance.

Je l'appréhende comme l'écolier qu'on envoie au
tableau noir: écrire enfin le dur désir de durer.
Avec la craie, la réserve calcaire des mots, le vide
autour de l'écriture comme une eau baptismale

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Angelilie 30/04/2017 20:37

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir

Angeline 23/04/2017 22:06

j'aime me promener ici. un bel univers. venez visiter mon blog. merci