L’histoire d’un canular en poésie

Publié le par Les Poètes en Berry

Chers amis des Poètes en Berry, méfiez-vous des informations tirées d’Internet. (Beaucoup de citations sur les réseaux sociaux ne sont d’ailleurs pas attribuées aux bons écrivains).

Cette semaine, nous allons rendre un poème à Martha Medeiros.

Qui n’a jamais croisé sur le net (par mails, sur les réseaux sociaux, sur la toile,...) le célèbre poème «Il meurt lentement» ? Il est d’ailleurs même très souvent attribué (à tort) à Pablo Neruda.

Tapez «muere lentamente» avec le nom du prix Nobel sur votre moteur de recherche préféré et des milliers de fausses références s’affichent !!
Vous pouvez faire cette même recherche dans toutes les langues.

Internet attribue unanimement le texte au poète chilien.

Nous avons affaire à ce qui s’appelle «un hoax», c’est à dire une fausse information, non vérifiables propagée par les internautes. Le poème a donc été ainsi diffusé sur la toile massivement (par des chaînes de lettres, des sites, les réseaux sociaux …). Sa cyber-vie lui a ainsi permis de se propager de façon inespéré.


Il s’agit pourtant d’une énorme supercherie!
Le texte original «A morte Degadar» a bien été publié le 01/11/2000 sur une page web brésilienne sous la signature de Martha Medeiros (journaliste et écrivaine). L’original est donc écrit en portugais (Brésil)!!

La mystification est allée trop loin. Clemente Mastella (sénatrice et ministre de la Justice) a même lu des extraits de ce fameux poème (en l’attribuant bien sûr à Pablo Neruda) devant le parlement italien. Le discours avait aussi fortement secoué le gouvernement transalpin car Clemente Mastella y annonçait sa démission du ministère ce qui avait ainsi provoqué une belle crise politique.


Il meurt lentement, celui qui diffuse des fausses informations, non?
Chers amis de Poètes en Berry, merci aussi de rectifier et d’informer votre entourage sur le net.

 Martha Medeiros, l’autrice du poème «Il meurt lentement»

Martha Medeiros, l’autrice du poème «Il meurt lentement»

IL MEURT LENTEMENT
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions,
celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant!
Risque toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !
Martha Medeiros

Publié dans Monde de la Poésie

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