Des poèmes inédits de Robert Desnos

Publié le par Fabrice D

Le Figaro de ce 27 janvier, nous dévoilait que la revue L’Étoile de mer, dans son prochain numéro (le vingtième) allait livrer vingt poèmes inédits de Robert Desnos. Le numéro de cette revue sera aussi complété et illustré par des dessins du poète. Ces œuvres inédites (écrites et dessinées en 1936 et 1937) ont été découvertes sur des cahiers d’écolier (achetés aux enchères.) Nous profitons de cette publication pour évoquer le grand poète résistant.

 

Robert Desnos (1900-1945)

Robert Desnos (1900-1945)

Robert Desnos, autodidacte en rupture avec sa famille bourgeoise et l’école (qu’il arrêta au collège), participa à l’aventure surréaliste où il y brilla de manière éclatante par ses écritures automatiques.

Il gagna ensuite sa vie en tant que journaliste (pour la presse écrite.) Puis, suite à la crise économique de 1929, pour des raisons pécuniaires, il diversifia ses activités. L’écrivain intégra L’Agence information et publicité de l’entreprise Foniric. Le poète devait créer des slogans publicitaires et des émissions radios (pour Radio Luxembourg et Radio Paris notamment). Sa plus célèbre émission fut La complainte de Fantômas. Là, il blaguait, commentait, tergiversait autour d’extraits de ces fameux romans policiers (dont il s’agissait, d’en faire, avant tout, la promotion). Dans cette émission radio, Antonin Artaud endossait le rôle du génie du crime.

Robert Desnos était passionné par la modernité (l’écriture avant-gardiste, la radio, la publicité et comme l’indique ses propres critiques journalistiques : le cinéma et la musique de son époque.)

Voici un exemple d’un des ses slogans publicitaires (pour le vin de Frileuse) que nous devons au poète.

« Pour être bien portant
Buvez du vin de Frileuse
Pour être bien portant
C’est l’plus fort des fortifiants. »

Sous l’occupation « Robert le Diable » (comme l’a surnommé Aragon) fustigeait Pétain (ce Maréchal  Ducono) et l’écrivain antisémite Céline. Il ne survit que grâce à des complaisances qui lui permettaient de
publier (sous pseudonyme) ses dessins dans le journal collaborationniste Aujourd’hui.

Mais citons-le :

Un dessin de Desnos

Un dessin de Desnos

« En définitive, ce n’est pas la poésie qui doit être libre, c’est le poète.»

Notre poète collectait, alors des informations pour la Résistance et fabriquait des faux papiers d’identité pour les juifs. Il fut arrêté par la Gestapo suite à une dénonciation, puis déporté.

Il mourut le 8 juin 1945, à l’Est dans le camp de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, suite aux « marches de la mort. »

Un poème inédit de Desnos

L’arbre qui meurt à cet instant précis
Dans une forêt
Le grain de sable que la mer
Vient de déposer
Et que le vent emporte loin de l’attente des vagues
La goutte de pluie à l’instant même
Où elle commence à tomber
La seconde exacte où le souvenir d’un mort
Est totalement et définitivement aboli
Et un tas d’autres foutaises
Sont pourtant incontestablement émouvantes

ATTENTION :  Le numéro de la revue ayant été victime de son succès, il n'est malheureusement plus disponible à la vente. Une version PDF sera, dans les meilleurs délais, mise à disposition de tous sur ce site internet. 

https://www.robertdesnos.com/

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article