Chroniques sur la poésie [2] explication sur le vers poétique
Explication sur le vers poétique
Dans sa définition, le vers est une unité métrique, c’est une ligne dans un poème, souvent commencée par une majuscule et terminée sur une rime. Un ensemble de vers forme une strophe, séparé d’une autre strophe par un saut de ligne. Enfin, l’unité interne d’un vers est la syllabe (ou le pied quand on parle de poésie latine).
Les vers sont définis et décrit avec plusieurs concepts :
1- le nombre de syllabes ; 2- le système de rimes ; 3- le système de construction interne du vers ; 4- les figures de styles utilisés sur les syllabes ou les rimes
1- Dans la poésie française, les vers sont généralement pairs : alexandrin pour 12 syllabes ; décasyllabe pour 10 syllabes ; octosyllabe pour 8 syllabes ; hexasyllabe pour 6 syllabes. Il existe néanmoins des vers impairs : ennéasyllabe pour 9 syllabes ; heptasyllabe pour 7 syllabes ; pentasyllabe pour 5 syllabes. Et on peut décrire un poème à vers libres lorsque soit la mesure des vers est irrégulière, soit que la mesure est au-delà de 12 syllabes et tend à ressembler à de la prose.
Quand le vers se termine par un -e muet, cette syllabe n’est pas comptée. Par le principe de l’élision, les -e finaux des mots à l’intérieur des vers sont prononcés s’ils sont suivis d’une consone et ne se prononcent pas s’ils sont suivis d’une voyelle. Enfin il faut faire attention si deux voyelles qui se suivent, forment une synérèse ou une diérèse, à savoir si on compte les deux syllabes ou bien une seule.
2- Les rimes sont une répétition d’un même son à la fin de deux vers ou plus. Elles peuvent être disposées de différentes manières dans une strophe : rimes plates (ou dites suivies), rimes croisées (ou dites alternées), rimes embrassées. On donne une « qualité » ou « richesse » des rimes selon le nombre de sons identiques que partagent les différents vers qui riment : rime pauvre pour un son, rime suffisante pour deux sons (appelée aussi rimes léonines), rime riche pour trois sons ou plus.
3- Dans les vers alexandrins et décasyllabes, il est possible de trouver une césure à la moitié du vers, c’est-à-dire une pause ou séparation du vers. La césure coupe le vers en deux hémistiches (moitié égale d’un vers). Les hémistiches peuvent ainsi rimer, soit entre eux, soit avec les autres vers. Il est possible de rencontrer des trimètres, une coupure en 3 groupes de 4 syllabes, sur un alexandrin. On peut aussi trouver un jeu sur l’accentuation en français qui joue beaucoup sur le rythme du vers et de la poésie car l’accent tonique est posé sur la dernière syllabe des mots, quand il y en a un.
4- Une figure de style est par définition un système d’expression spécifique. Il consiste à amplifier un propos, à l’illustrer ou encore à donner une sonorité particulière. Il y a de nombreuse figure de style utilisée en littérature française ; si on se limite aux plus courantes qui se trouvent en poésie, voici une petite liste : la comparaison, la métaphore et la périphrase qui jouent sur le sens des mots ; l’assonance, l’allitération et la paronomase qui jouent sur les sons ; ou encore l’anaphore pour la construction des vers/strophes et la personnification pour tout ce qu’elle permet de faire et de produire.
Poème de Guillaume Apollinaire, La Chanson du mal-aimé, dans une édition publié par Rolet, hebdomadaire indépendant, numéro 453, jeudi 12 novembre 1953
Exemples :
Une strophe en vers alexandrins :
Dans « Le Cid » de Pierre Corneille :
« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? »
Une strophe en vers octosyllabes :
Guillaume Apollinaire, dans « La Chanson du mal-aimé » :
« Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Canaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses »
Une strophe de José-Maria de Heredia avec une allitération sur le « r », première strophe du poème « Les Conquérants » :
« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. »
Une strophe de Alphonse de Lamartine qui personnifie le temps et les heures, dans le poème « Le Lac » :
« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »
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